Revenir à l’essentiel

Publié le par Isidore

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. »

Nicolas Bouvier, L’usage du monde.

Il y a des endroits d’où l’on sait que l’on peut revenir meilleur. Des lieux où l’on revient à l’essentiel. Des lieux où l’on se confronte à soi-même, sans médiation, sans influence, sans détours et sans excuses. Et même, si on ne fait que l’effleurer, on devine que tous ceux qui sont passés ici, trois jours ou douze mois, l’ont ressenti. Le dernier havre de paix dans la nature sauvage, le calvaire de l’isolement, les éléments déchaînés et la beauté brute. La demi-mesure n’est simplement pas autorisée.

« Là-bas, il se passera forcément quelque chose dans lequel tu puiseras à l’infini. » Tu m’avais prévenu. Et tu avais raison.


CB

 

 

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Le voyage intérieur.


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Jean Bernard Clouet 21/03/2011 14:24



J'ai fait un hivernage en 1970 à kerguelen (la 20 ème). Je viens de finir le livre d'Emmanuel lepage, "voyage aux iles de la désolation". Fascinant. j'y ai retrouvé toutes les émotions que
suscite cette ou plutôt ces iles. Le dessin, en noir et blanc ou en couleurs, dramatise les paysages. Paysages de création du monde. A l'époque, nous n'avions pas cette culture de "sanctuaire
écologique". il n'y avait que qqes chats, uniquement sur la base, et la découverte de qqes bois de renne près du Val de l'Ouest avait prouvé que les rennes avaient quitté l'ile où ils avaient été
introduits à l'origine. Le jardinier mettait un point d'honneur à mettre de la salade sur la table au moins une fois par semaine. Sinon, j'ai beaucoup aimé également les textes. bravo, belle
réussite.



Anmryn 19/07/2010 12:51



Je ne sais toujours pas comment appréhender correctement cette citation du grand Nicolas.


Les seules choses que j'ai retenues de mes voyages, c'est que les seuls liens qui me rattachaient à mon pays, à la santé mentale et à la vie, c'étaient les liens familiaux. Les amis oublient vite
et ont leurs propres préoccupations. Finalement, il n'y avait que les personnes auxquelles j'étais liée par le sang, ou du moins celles avec lesquelles j'avais vécu vraiment très longtemps, qui
conservaient par-delà la distance un intérêt à mon bien-être. Peut-être parce que je porte avec moi une partie très intime de leur histoire à chacune d'elles, une partie qu'elles ne voulaient pas
voir disparaître, et dont je dois prendre soin.


Il y a aussi une autre chose que j'ai découverte : que j'avais intérêt à prendre soin de moi parce que j'étais ma seule planche de salut. La bonne nouvelle c'est que j'en ai été capable, et que
j'étais, tout compte fait, une plutôt chouette fille. Je ne sais pas si j'aurais pu me rencontrer ailleurs que dans la solitude extrême.



Anne 24/04/2010 23:04



Wahou... J'ai trop hâte de te lire encore et encore plus...